RAOUL PECK

<p>Comme la petite héroïne de son film L’Homme sur les quais, il pourrait dire : « J’avais 8 ans, et le monde s’ouvrait déjà sur un désastre. » Le thème de la dictature parcourt en effet l’œuvre de ce cinéaste né en Haïti, obligé de fuir son pays pour échapper au régime de Duvalier et de ses tueurs, les Tontons Macoute. Il trouve refuge au Congo, puis à Berlin où il poursuit ses études de cinéaste. Il sera journaliste et photographe avant de signer ses premiers films.Dans Haitian Corner (1987) un homme qui a passé sept ans dans les geôles haïtiennes croit reconnaître son tortionnaire dans la rue. Dans L’Homme sur les quais (1993) c’est à travers les grands yeux curieux d’une petite fille, que la terreur en Haïti nous est racontée. Quand, le temps d’une accalmie, la démocratie reviendra, Raoul Peck rentrera au pays pour y devenir ministre de la culture, entre 1995 et 1997. Avant de reprendre sa caméra pour raconter, sur une mise en scène qui oscille entre lyrisme et sobre efficacité, le destin tragique du leader indépendantiste Patrice Lumumba (Lumumba, 1999).Le militantisme de Raoul Peck lui a valu d’être nommé président de la commission d’aides sélectives aux pays en voie de développement (Fonds sud), puis de recevoir en 2001 le prix Irène Diamond pour l’ensemble de son travail en faveur des Droits de l’homme. Dans son (télé)film (L’affaire Villemin, 2006), il traite d’une autre forme de dictature, celle des médias déchaînés.</p>

FILM

Le Profit et rien d'autre !
Haïti - 2000 - 57 min - Documentaire
avec Serge Latouche, Bernard Maris, Gérald Mathurin, René Passet, Immanuel Wallerstein

« Le capital a gagné (…) Il a convaincu la plupart de ses adversaires que leur échec était dans l’ordre des choses. Le capital a gagné. Enfin, il dit avoir gagné (…)». Entre Port-à-Piment en Haïti, New-York et Paris, "Le Profit et rien d’autre" nous livre…