HICHAM AYOUCH : "EN TANT QUE CONTEUR, LA BANLIEUE M'INSPIRE"

Hicham Ayouch : "En tant que conteur, la banlieue m'inspire"

"Fièvres pourrait se dérouler dans n’importe quelle ville, mais j’ai choisi de filmer cette histoire dans un quartier populaire en banlieue. En terme d’écriture et de mise en scène, le film casse beaucoup de clichés, c’est une vision plus moderne et plus contrastée de cet univers.

En tant que conteur, la banlieue m’inspire, tout y est exacerbé, extrême, il y règne une violence, mais aussi une poésie et une immense envie de vivre. Les habitants de ces quartiers sont drôles, attachants et surtout très humains. Cette humanité est un beau matériel cinématographique, car elle est porteuse d’émotion, et en tant que metteur en scène, je ne tends que vers l’émotion.

Le travail sur l’image a été réalisé avec cette même approche poétique, j’ai donné un grain très doux à l’image afin de contraster avec la dureté de l’histoire. J’ai construis une image très léchée avec des cadres posés, afin d’emmener le spectateur dans une autre dimension. Au niveau graphique, j’ai beaucoup travaillé sur l’architecture des immeubles, sur les lignes, afin d’en sublimer la géométrie. L’idée étant de faire de la barre d’immeubles un personnage vivant au rythme des pulsations des personnages.

L’histoire est naturaliste, mais j’ai décidé prendre des partis pris très affirmés en terme de lumière avec beaucoup de contrastes et de couleurs vives.. Le travail sur le décor a été réalisé dans cette optique, certains murs sont peints en vert, en bleu ou en rouge, ainsi chaque personnage a une couleur qui lui correspond.

Enfin le travail sur le son et la musique repose également sur cette même volonté de contraste, l’idée étant là encore de réussir à emmener le spectateur dans un autre univers."

FILM

Fièvres
France - 2013 - 1h29min - Drame
avec Didier Michon, Slimane Dazi, Farida Amrouche, Lounes Tazairt, Pascal Elso, Tony Harrisson, Emilia Derou-Bernal, Alain Azerot, Adrien Saint-Joré, Moh Aroussi, Atika Taoualit

Déterminé, Benjamin décide à 13 ans d'aller vivre chez son père qu'il ne connaît pas. Benjamin veut grandir. Vite. Karim, son père, habite toujours chez ses parents et se laisse porter par la vie. Il se retrouve démuni face à cet adolescent insolent et impulsif…